3 -  Histoire des chrétiens du Proche-Orient arabe à partir du XIXe siècle   

      Christian Cannuyer

Argumentaire 

À partir de la seconde moitié du 19e siècle, dans le cadre d’un empire Ottoman déclinant qui a accordé à ses minorités un statut réformé (via les tanzîmât), les chrétiens du Proche-Orient arabe vont être amenés à jouer un rôle important dans l’évolution sociopolitique de la région. Dans la foulée d’un processus impulsé dès le 16e siècle par leurs relations avec l’Occident, ils ont été les fers de lance de la nahda, la « renaissance » de la culture et de l’identité arabes, se faisant aussi les promoteurs privilégiés d’une ouverture à la « modernité » et aux valeurs de la citoyenneté.

Souvent suspectés d’être les collaborateurs du colonialisme et de l’impérialisme occidentaux, ils se sont néanmoins très investis, après la disparition de l’espace ottoman, dans les combats pour l’indépendance et la construction nationale de l’Égypte, de la Syrie, du Liban, de l’Irak, de la (Trans)jordanie ou, en Terre sainte, contre les excès spoliateurs du sionisme. Hélas, après la seconde guerre mondiale et le traumatisme engendré par les défaites arabes face à l’État d’Israël, la faillite de l’« arabisme » - au sein duquel les chrétiens avaient toute leur place -, le verrouillage des sociétés arabes par des régimes dictatoriaux et prédateurs, la montée en puissance corrélative d’un islamisme politique générateur de discrimination et de violence, les ont contraints à un retrait de plus en plus marqué de la vie politique et sociale.

Pour beaucoup, l’émigration est devenue la seule perspective d’avenir. Le chaos dans lequel la Syrie et l’Irak ont été récemment plongés et qui a causé une décrue tragique du nombre de leurs chrétiens illustre dramatiquement ce processus, qui affecte à des degrés divers tous les pays arabes. À telle enseigne que d’aucuns prédisent, à moyen terme, sinon la disparition de ces chrétiens dans leurs terres ancestrales, du moins leur réduction à des communautés sans plus aucun poids significatif. Mais il faut refuser cette analyse qui, outre qu’elle ôte aux chrétiens toute perspective d’avenir au Proche-Orient, les enferme outrancièrement dans la posture de victimes.

Plan du cours

 I.  Les chrétiens dans l’empire Ottoman déclinant (1850-1914).

 II.  Les chrétiens du Proche-Orient au cœur des luttes des nations arabes émergentes (1918-1948).

 III.  Le cas particulier des chrétiens palestiniens dans le cadre de la lutte contre le sionisme

 IV.  Les chrétiens du Proche-Orient dans la recomposition géopolitique postérieure à 1948 : déclin et marginalisation

 V.  Approche sectorielle des situations actuelles et des défis pour l’avenir : Égypte, Liban, Syrie, Jordanie, Irak, Israël/Palestine – avec un petit focus sur les « nouveaux chrétiens du Proche-Orient », en Israël et dans les pays de la péninsule Arabique.

 

Pédagogie et méthodologie 

Le cours revêt le profil d’un exposé académique, mais soutenu par un diaporama richement illustré et par le recours à de nombreux documents textuels ou visuels. Les étudiants sont constamment invités à réagir et à entamer le débat.  

Bibliographie

  •  Antoine Fleyfel, Géopolitique des chrétiens d’Orient, Paris, L’Harmattan, 2014.

  • J.-Fr Colosimo, Les Hommes en trop. La malédiction des chrétiens d'Orient, Paris, Fayard, 2014.

  • Christian Cannuyer, « Les communautés chrétiennes de l’Orient méditerranéen, héritières d’un passé en clair-obscur dans des sociétés arabes bouleversées », dans Françoise Saquer-Sabin et Emmanuel Persyn (dir.), Regards sur le Proche-Orient éclaté-complexe-paradoxal (coll. Travaux et Recherches), Lille, éd. du Conseil scientifique de Lille 3, 2016, p. 85-98.

  •  Bernard Heyberger, Les chrétiens d’Orient (Que Sais-Je ?, 4050), Paris, PUF, 2017.

  •  Mitri Raheb & Mark A. Lamport (dir.), The Rowman & Littlefield Handbook of Christianity in the Middle-East, Lanham – Boulder – New York – London, Rowman & Littlefield, 2021.


Validation 

Travail écrit. Résumé et analyse critique d’un article scientifique proposé par l’enseignant.


Informations pratiques
(Code Enseignement S2-A3)        


Calendrier semestre 2  

  • Janvier :  23, 30
  • Février :  06, 13, 21
  • Mars  : 06,13, 20, 27
  • Mai : 15, 22
  • Juin : 05

Durée du cours 

 24h (12 séances de 2h)

A distance 

Horaires 

 Lundi 18h-20h

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