Département Ukraine

Séminaire de recherche 2027 en partenariat avec le Collège des Bernardins

Ukraine : comment soigner au mieux la population ukrainienne victime de la guerre ?   
Responsable du Département : Antoine Arjakovsky


Descriptif

Le département « Ukraine » a été créé en 2023. Il a donné lieu à un premier séminaire de recherche dédié aux questions suivantes : « Comment soutenir l’Ukraine et reconstruire la paix en Europe ? ». Ce séminaire s’est déroulé en partenariat avec le Collège des Bernardins et en association avec plusieurs laboratoires de recherches et associations liées à l’Ukraine. Il a abouti à une note de synthèse formulant 18 propositions précises à découvrir sur cette page.    En 2025, un nouveau séminaire portait sur ce thème : Comment aider les Eglises orthodoxes à se réformer et à contribuer à la paix ? Pour 2026, la recherche se poursuite avec un séminaire 

Argumentaire 

Après avoir travaillé pendant deux ans sur le rôle des Églises dans la construction de la paix en Europe orientale (2024-2025), puis sur les voies possibles de mise en oeuvre d’un processus de justice pénale à une échelle internationale et de justice transitionnelle en Ukraine (2026), la nouvelle recherche conjointe de l’Institut chrétiens d’Orient et du Collège des Bernardins portera en 2027 sur les voies les plus efficaces pour soigner la population ukrainienne victime de la guerre à haute intensité depuis février

2022.

Alors que l’Ukraine traverse sa cinquième année de guerre totale, la population a subi en 2025/2026 le nombre d’attaques contre les services de santé le plus élevé depuis le début du conflit, soit une hausse d’environ 20 % par rapport à 2024. Depuis le 24 février 2022, l’OMS a recensé au moins 2 881 attaques contre les soins de santé en Ukraine, touchant professionnels de santé, établissements, ambulances et entrepôts de médicaments. En 2022-2025, 233 patients et personnels de santé ont perdu la vie et 930 ont été blessés. Ces attaques constituent des violations du droit humanitaire international.

Les services de santé subissent une pression intense sur deux fronts : lesattaques directes et les effets en cascade des frappes sur les infrastructures civiles, notamment les centrales thermiques. Selon une évaluation de l’OMS de décembre 2025, 59 % des personnes vivant dans les zones de front ont déclaré que leur état de santé était mauvais ou très mauvais, contre 47 % ailleurs.

Quatre années de guerre ont engendré une grave crise sanitaire selon le docteur Hans Henri P. Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe. “Les besoins en matière de santé mentale sont énormes : 72 % des personnes interrogées ont souffert d’anxiété ou de dépression au cours de l’année écoulée, mais seulement 1 sur 5 a cherché de l’aide. Les maladies cardiovasculaires sont en pleine expansion, 1 quart des Ukrainiens souffrant d’hypertension artérielle dangereuse, et 8 personnes sur 10 déclarent ne pas avoir accès aux médicaments dont elles ont besoin. On parle de patients cardiaques qui ne trouvent pas de médicaments pour réguler leur tension artérielle, d’amputés qui attendent des mois pour obtenir une prothèse, d’adolescents trop effrayés pour sortir de chez eux. Le système de santé ukrainien a continuellement besoin de notre soutien.”


Programme prévisionnel  

    • Anatomie de l’Ukraine en 2027

En 2024, les Nations Unies estimaient qu’environ 14,6 millions de personnes, soit 40 % de la population ukrainienne, ont besoin d’assistance humanitaire. Parmi eux, 2,9 millions sont des enfants, 3,4 millions des personnes âgées, et 2,1 millions des personnes en situation de handicap. La majorité des besoins sont localisés dans les zones proches du front, y compris dans des territoires occupés par la Russie. Du fait des bombardements et des destructions, quelque 4 millions d’Ukrainiens ont été contraints de fuir leur localité.

    • État des lieux de la solidarité en Ukraine

On rencontrera certains acteurs étatiques et non étatiques de l’aide humanitaire à l’Ukraine en France (Centre de crise du MEAE), en Europe (Union européenne) et dans le monde (Organisation mondiale de la santé). On s’intéressera en particulier à l’association French Healthcare, partenaire de l’État dans le cadre du dispositif public-privé de soutien à l’export en santé, qui joue un rôle central à travers la construction d’un hôpital à Nizhin pour un montant de 35 millions d’euros et la livraison de 25 mammographes de dernière génération.

    • Le rôle de la diaspora franco-ukrainienne

On s’intéressera aux organisations de la diaspora ukrainienne en France,notamment l’association Aide médicale et caritative France Ukraine, qui fournit du matériel médical, des médicaments et des véhicules adaptés aux urgences grâce à des convois humanitaires réguliers. Depuis 2014, ses efforts se traduisent par la modernisation d’hôpitaux, des échanges de compétences entre professionnels de santé français et ukrainiens, et un soutien direct aux populations vulnérables, notamment les enfants malades et les orphelins.

    • Focus sur les soins post-traumatiques

Les répercussions de la guerre sur la santé mentale touchent toutes les tranches d’âge. L’OMS estime que plus de 10 millions de personnes en Ukraine souffrent de problèmes de santé mentale, incluant des symptômes de stress post-traumatique (SSPT), d’anxiété et de dépression. Les enfants sont particulièrement vulnérables. Les vétérans, les femmes victimes de violences sexuelles, les personnes âgées et les jeunes ayant perdu un proche figurent parmi les plus gravement touchés.

    • La mobilisation de l’art-thérapie

On réfléchira au rôle des artistes dans le processus de guérison des blessures de la nation ukrainienne, blessures non seulement physiques mais aussi psychologiques et spirituelles. En coopération avec certains écrivains et poètes, on s’intéressera à la dimension cathartique de l’art-thérapie, à toutes les formes de créativité capables de libérer les émotions intenses et de proposer de nouveaux récits de reconstruction. 

Séance conclusive 

16 juin 2027 de 19h-22h : Séance publique ouverte à tous au cours de laquelle seront présentées les principales conclusions et recommandations des recherches du séminaire. Une œuvre artistique particulièrement marquante en matière de soin du syndrome post-traumatique sera proposée. Ce séminaire de recherche est gratuit et ouvert à toute personne intéressée par le sujet et prête à s’impliquer dans un travail de recherche entre janvier et juin 2027.



Responsable du département 

 Antoine Arjakovsky est docteur en histoire, codirecteur du département de recherche « Politique et Religions » du Collège des Bernardins, fondateur de l'Institut d'études oecuméniques de Lviv (Ukraine) et administrateur de la Plateforme de la mémoire et de la conscience européenne. Il est l'auteur d'une quinzaine de livres dont  " Pour sortir de la guerre" aux éditions DDB , 2023. Il est le responsable du département Ukraine de l'Institut chrétiens d'Orient. 


Informations pratiques
(Code séminaire : 25-U-sem)

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Calendrier 2026

  • Janvier : 27

  • Février : 24

  • Mars : 24

  • Avril : 21

  • Mai : 19

  • Juin : 16, 19h -22h



Durée du cours 

5 séances de 2h et une soirée conclusive

En présentiel au Collège des Bernardins et/ou à distance

Horaires 

Mercredi 18h-20h


Publication 

Le livre collectif sur les "Eglises orthodoxes: quelles réformes pour construire la paix?" est paru chez L'Harmattan ce 22 février 2026. Un ouvrage important dans le contexte géopolitique actuel qui permet de penser la paix autrement. 

En savoir plus 



Conclusion du séminaire 2025


Jeudi 19 juin 2025 de 19h à 22h  : Evénement ouvert au grand public : Comment aider les Eglises orthodoxes à se réformer et à contribuer à la paix ?

L’Eglise orthodoxe ne pourra accomplir sa réforme que de façon conciliaire, avec les Eglises orthodoxes qui seront prêtes à sortir du logiciel ultra-confessionnel, nationaliste et impérialiste. Compte-tenu de la crise actuelle des Eglises orthodoxes, ce processus conciliaire n’a aucune chance d’aboutir selon le seul modèle hiérarchique et clérical. Il devra se dérouler sur des bases évangéliques, participatives, inclusives et œcuméniques. L’outil numérique s’il est bien employé pourra être utile. Mais surtout ces Eglises devront retrouver le sens de la Tradition vivante. Certaines grandes figures du XXe siècle au sein de l’Eglise orthodoxe, comme le père Serge Boulgakov, le père Alexandre Men’, Yevhen Sverstiouk, Olivier Clément et Elisabeth Behr-Sigel ont montré la voie. Le programme de cette soirée sera communiqué à la fin du mois de mai.


Projet de recherche depuis 2023 

La recherche conjointe menée en 2023-2024 par l’Institut Chrétiens d’Orient, le Collège des Bernardins et plusieurs institutions de recherche portait sur les moyens de soutenir l’Ukraine et de construire la paix. Dans un premier temps 18 propositions ont été formulées en juin 2023

https://www.yumpu.com/fr/document/read/68275924/livre-cdb-prop-ukraine-web 

Dans un second temps, on a étudié le rôle spécifique des Eglises en Ukraine et dans le monde dans ce processus. En juin 2024, 9 autres propositions ont été adoptées puis publiées dans un livre publié chez L’Harmattan : https://www.yumpu.com/fr/document/read/68716854/propositions-ukraine  


Il a été convenu de poursuivre la recherche en 2025 par une réflexion sur l’aide possible à accorder aux Eglises chrétien orthodoxes souhaitant se réformer et contribuer à la paix. En effet, de plus en plus de personnalités orthodoxes prennent conscience de la responsabilité spécifique des Eglises orthodoxes dans la guerre russo-ukrainienne. Ces Eglises ne sont pas parvenues à s’entendre sur le statut ecclésial de l’Eglise orthodoxe en Ukraine depuis l’indépendance de l’Ukraine en 1991. De plus, le patriarcat de Moscou a rompu la communion avec le patriarcat œcuménique de Constantinople après que celui-ci ait fini par reconnaître l’autocéphalie de l’Eglise orthodoxe d’Ukraine en 2018. En outre, un certain nombre d’experts considèrent que les problèmes de l’Eglise orthodoxe sont plus profonds encore que les différends ecclésiologiques. Ils concernent également des questions de doctrine, d’historiographie, de mission, de vie liturgique et de théologie du politique.

Il est important d’étudier de plus près les causes de cette crise d’identité de l’Eglise orthodoxe et de tenter d’apporter des réponses. La crise du monde orthodoxe concerne toute l’Eglise universelle et a des conséquences géopolitiques et civilisationnelles débordant largement le cadre ecclésial et géographique de l’Europe orientale. L’expérience du mouvement œcuménique pourra être utile. Dans le passé, d’autres Eglises chrétiennes ont connu des crises profondes dont elles ont pu sortir grâce à un travail de repentir et de réforme intellectuelle et avec le soutien d’autres Eglises chrétiennes.

L’objectif du séminaire de recherche initié par le Collège des Bernardins et l’Institut chrétiens d’Orient en partenariat avec la Commission théologique du vicariat de l’Eglise orthodoxe en France, l’Eglise gréco-catholique ukrainienne en France et l’ACER-MJO (Mouvement de Jeunesse Orthodoxe), est d’une part, d’apporter un diagnostic précis des maladies qui affectent l’Eglise orthodoxe, et d’autre part, de réfléchir à des voies possibles de guérison et à des moyens concrets de réforme et de construction de la paix. Ce travail de recherche sera présenté lors d’une conférence publique au Collège des Bernardins le 19 juin 2025 et fera l’objet d’une publication.